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 Histoire de Léovigild

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Dark Shiver
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MessageSujet: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:30

Voici l'histoire d'un de mes meilleurs persos sur l'un de mes forums.

Je mets ici l'histoire que j'ai écrite pour sa présentation... Et que je n'ai toujours pas fini... blobtongue Mais elle est déjà longue, très longue... Et je n'en suis même pas au dixième...

Voilà, amusez-vous bien ! Il y a un peu de yaoi. Mais il est prévu qu'il y en ait plus par la suite, quand ce cher être éternel aura trouvé des messieurs dignes de lui ! chirub_poka


(Bon bah j'le fais en plusieurs messages car... l'histoire écrite a trop de caractères pour entrer dans la limite imposée par message par les programmeurs de forumactif)


Son avatar est tiré d'un dessin de Lee Sun-Young alias Kine, la plus talentueuse illustratrice Coréenne ! chirolp_lovely chirolp_wkiss2 *love love*



Dernière édition par le Jeu 28 Juil à 19:44, édité 1 fois
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Dark Shiver
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:32

Chapitre 1: Naissance puis renaissance
Paléolithique supérieur, ère du Magdalénien, environ 15 000 ans avant JC, futur bassin parisien.

Le Soleil haut dans le ciel réchauffait les terres de ses rayons protecteurs tandis que résonnaient clairement les cris d’une jeune femme en plein accouchement, bientôt suivis par les pleurs stridentes du nouveau-né qui venait d’avaler sa première bouffée d’air frais, gonflant pour la première fois ses petits poumons. La naissance était de bon augure. La position des étoiles dans le ciel lui prédisait longue vie et l’astre solaire au zénith comblait les proches de l’enfant de joie. A peine arrivé à l’air libre qu’on le soulevait déjà, montrant le bambin en pleine forme à ceux qui s’étaient rassemblés pour honorer sa naissance. C’était le premier fils du chef de la tribu et si tout se passait bien, il aurait droit plus tard de reprendre le flambeau. Les chants avaient déjà débuté, les danses rituelles aussi. On célébrait la venue dans ce monde du garçonnet dont les cheveux si clairs n’étaient qu’à peine visibles sur son crâne pâle. Le sorcier avait pris l’enfant et incantait les traditionnelles prières de bonheur et de fécondité. L’ocre rouge coula sur son front et il fut baptisé Zelmar. Les offrandes aux heureux parents furent distribués et la fête dura jusqu’à tard dans la nuit sous le regard bienveillant de la Lune...
Il était né au bon moment de l’année. Celui où les humains n’avaient pas de peine à se nourrir et pouvaient même faire des réserves. Il grandit donc bien, ne manquant ni de nourriture, ni d’affection, ni de rien du tout. Ses parents l’aimaient plus que tout, ses proches de même. Il devenait vigoureux et intelligent, ses prunelles bleues comme le ciel des matins de printemps brillant d’une lueur de malice.
Ni la mère, ni le père de l’enfant ne possédait ses yeux là... Enfin si, seulement... celui qui possédait la même couleur de prunelles n’étaient pas censé être le géniteur du petit Zelmar... Lui et la mère du bambin savaient qui était son vrai père... C’était lui, le sorcier, qui avait engrossé la petite brune appétissante qu’était la génitrice du blondinet. L’homme, qui n’avait pas réussi à retenir le cœur de celle qui venait de devenir la femme du chef, en retirait un sentiment amer de jalousie et de haine.
Arriva alors une longue période de famine. Le sorcier, toujours aigri par sa jalousie, annonça que les esprits étaient mécontents de ce trop bel enfant qui déséquilibrait la fragile balance de la Nature. Ces propos ahurissants et dans le fond sans bases sérieuses furent malgré tout adoptés par le reste de la tribu qui se réunit pour juger la sentence à infliger à l’enfant. Et le jugement tomba. Il fallait donner le petit garçon en offrande aux esprits et réduire leur colère. Le sorcier regrettait d’avoir mis une telle idée dans les esprits si malléables des membres de la tribu. Il avait abusé de son influence par jalousie, et par sa faute, son fils qu’il aimait profondément en réalité devrait en mourir... Il fallait trouvé une solution... Mais il était évident que le petit Zelmar devait quitter la tribu pour toujours et ne jamais revenir. Il allait le faire passer pour mort, mais pas le tuer... L’homme avait déjà menti pour son propre compte à sa tribu, il pouvait recommencer. Il inventa une histoire de toute pièce, aussi invraisemblable que la première. Il raconta ainsi qu’il fallait qu’il soit seul, en tant que sorcier, pour arracher le cœur de l’enfant. Et ces abrutis le crurent...
Le jour dit, il emmena son fils loin de leurs habitations de pierre, au fin fond d’une épaisse forêt semblable à toutes celles qui s’élevaient peu à peu pour remplacer les steppes. Quel n’était pas son bonheur de pouvoir enfin serrer contre lui le petit corps chaud de sa progéniture, de pouvoir baiser son front et ses cheveux blonds qui avaient poussé, son visage doux et parfait... Quel idiot il faisait... Il avait détruit la vie de son fils par jalousie... Du moins était-ce qu’il pensait. Il était loin de s’imaginer que Zelmar, prenant un nom différent, deviendrait l’une des plus anciennes et craintes créatures qui n’ai jamais foulé le sol de la Terre... Durant son initiation à la sorcellerie, il avait été mis à l’écart avec ceux des autres tribus aspirants à cette vocation et avait été éduqué aux rites. C’est là qu’il avait appris l’existence secrète d’un peuple cannibale... Enfin peuple... Un petit groupe de personnes que les cinq doigts d’une main étaient assez nombreux pour les dénombrer... Et en cet instant, il avait besoin d’eux. Ils étaient les seuls à pouvoir cacher son fils de tous les peuples humains qui se considéraient comme voisins et entretenaient des rapports amicaux les uns entre les autres. Zelmar devait disparaître aux yeux de tous les humains. Après avoir marcher plusieurs jours, il atteignit leur repère, tremblant comme une feuille à l’idée de les rencontrer mais portant en lui le courage sans faille d’un père voulant assurer la vie de son bébé de deux ans.
Le Soleil était à son zénith, comme au jour de sa naissance...
Il déglutit avec difficulté. L’endroit était terrifiant. Non pas que le tapis de feuilles mortes aussi rouge que le sang et les arbres noueux lui faisaient peur, mais plutôt qu’il régnait ici une atmosphère lourde, angoissante, silencieuse... Il était au milieu d’une petite clairière très peu éclairée au centre de laquelle créchait un autel de granit. Il sentait la sueur rouler dans son dos, ses nerfs à fleur de peau le faisant sursauter au moindre coup de vent. Il n’y avait personne ici ? C’était pourtant leur sanctuaire, il le savait, on le lui avait appris... Et surtout on l’avait conseillé de ne jamais s’en approcher... Il sentit un souffle sur sa nuque et se retourna vivement, tenant contre lui son fils. Personne. Le diaphragme de ses prunelles élargit au maximum, comme un chat prêt à bondir, il scruta les alentours. Pas l’ombre d’une fourmi... Il appela d’une voix tremblante les maîtres de ce territoire... Aucune réponse, juste le bruit du vent léger entre les branches décharnées des arbres environnants... Quelle pesanteur lugubre et effrayante ! Il regrettait presque d’être venu... Décidément il faisait tout de travers par amour... Amour qui lui était interdit de son statut de sorcier.

« Pitié... Je sais que vous êtes là... »

Il entendit comme un murmure. Non, c’était le vent. Quoi que... Il entendit craquer une feuille. Il se tourna instantanément dans la direction de cette petite émission de décibels. Toujours personne...

« Je... Je voudrais vous confier un enfant... »

Un petit murmure imperceptible lui confirma qu’il y avait bel et bien quelqu’un ou quelque chose en cet endroit. Il se racla la gorge, dégluttit, puis s’éclaircit la voix pour reprendre avec un soupçon plus de confiance.

« C’est... C’est mon fils... Il ne peut plus vivre parmi mon peuple... Il... Il est damné... »

Sur ce dernier mot, il y eut un sursaut d’agitation dans l’air. Des murmures curieux qui s’activent, un vent d’interrogation, une touche d’intérêt...
Il était damné ?! Comme eux ? Tiens, étrange...

Les gouttes de sueur froide dégoullinaient le long de ses tempes. Son instinct le tenait alerte sans qu’il ne s’en rende compte. Il avait tellement peur...

« Je viens vous implorer... Pour que vous l’accueilliez au sein des votres... »

Il venait de s’agenouiller, face à la forêt, observant chaque recoin sans trouver une seule trace de vie. Sa voix s’était faite suppliante, soumise... Il ferait tout ce qu’ils désiraient pour sauver son enfant... Les secondes passèrent... Longues... Trop longues... Lancinantes... Toujours plus angoissantes...

Une main se posa sur son épaule. Il sursauta violemment et se releva en un bond, faisant par le même saut un demi-tour sur lui-même. Ses yeux exorbités venaient de se poser sur une femme, grande, mince... De longs cheveux ébène couraient sur ses épaules et sa poitrine. Ses yeux étaient bridés et brillaient d’une intense lueur noire. Sa peau semblait douce, parfaite. Elle souriait mystérieuse, plantant son intense regard dans celui, nerveux, du jeune sorcier. Il fronçait les sourcils. Il n’avait jamais vu de femme comme elle. Il en avait juste entendu parler dans les contes au coin du feu l’été, quand les anciens parlaient de peuples venus de très loin dans l’Est, de là où les terres plongent dans l’océan. Il bégaya mais ne réussit à sortir qu’une petite exclamation surprise. Il la dévorait du regard, sans se rendre compte qu’il reculait doucement, pas à pas. Le silence s’imposa jusqu’à ce qu’il rencontre un obstacle dans son dos contre lequel il buta. Il fit à nouveau un bond de peur et se mit à reculer dans une autre direction différente de celle de l’asiatique et différente de l’homme qui venait d’apparaître. Il était grand... Tellement grand. Sa musculature était parfaite. Symétrique, bosselée, luisante... A coup sûr, il ne survivrait pas à un coup de poing de ce géant. Géant à la peau aussi sombre que l’écorce des arbres centenaires... Lui ne souriait pas, et observait le gringallet de haut, bras rangés le long de son corps de dieu de la guerre. Le sorcier savait, d’après les légendes, qu’il fallait voyager loin dans le sud pour espérer voir des peuples de cette couleur...

« Damné ? »

La question, posée d’une voix flûtée et surnaturelle, ne venait ni de la femme de l’Est, ni de l’homme du Sud. La troisième entité se trouvait derrière l’homme qui tenait son bébé. Pour la troisième fois, il se retourna vivement et recula dans la dernière direction qu’il lui restait. Dans cet angle, il pouvait dévisager une deuxième femme. Elle aussi n’était pas blanche comme les femmes qu’il connaissait. La peau de cette nouvelle inconnue était teintée d’une couleur cuivrée et chaude. Ses grands yeux bruns illuminaient son visage aux traits réguliers et bombés. Des boucles d’os, travail d’une précision quasi-extraordinaire, perçaient ses lèvres et ses narines.

« Ou... Ou... Oui... Damné... »

Les regards aux lueurs étranges des trois inconnus venaient de se poser uniformément sur le bambin qui dormait paisiblement entre les bras chauds et aimants de son père. Sous ce poids pesant, l’homme serra un peu plus fort Zelmar contre lui.

« Quel est ton nom, homme... demanda l’africain de sa voix profondément grave.
- Lo... Lormas... »

Les magnifiques yeux bleutés du sorcier s’étaient tournés vers l’homme. Celui-ci fixait toujours le bébé. Les étrangers semblaient intrigués par l’enfant. En fait, c’était sa blondeur parfaite qui les rendait curieux. C’était un signe du destin ! Ils avaient trouvé celui qui fermerait leur cercle...
Toujours absorbés dans leur scrutation, ils semblaient parfois hocher la tête, comme pour répondre à quelque parole inaudible...
Il entendait murmurer... C’était impossible ! Leurs lèvres ne bougeaient pas ! Et pourtant... Son cerveau habitué aux contacts occultes ressentait leur présence... A ces êtres étranges... Ils parlaient silencieusement, comme les esprits puissants des Anciens... Ils lisaient dans ses pensées...

La belle asiatique se rapprocha, bientôt suivie par l’autre femme, puis par leur compagnon. Cerné, Lormas ne put que se laisser approcher, tremblant de peur, serrant fort contre lui l’enfant. La femme de l’Est tandis une main arachnéenne vers les couvertures qui recouvraient partiellement le bébé. Elle tira pour mieux voir le joli visage déjà bien formé par deux ans d’existence. Zelmar sembla dérangé par cette main froide près de son crâne. Ses paupières s’ouvrirent sur ses prunelles ciel et l’Africain hocha la tête.

« Nous acceptons... »



Dans la tribu on ne revit jamais le sorcier, jamais...
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Dark Shiver
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:32

« Mais pourquoi ?? »

Vingt années s’étaient écoulées depuis. Une jeune homme, grand, blond, élancé, venait de jeter contre un arbre une pierre qu’il venait de ramasser à ses pieds.

« POURQUOI ???? >_____<
- C’est ainsi mon tendre amour, tu ne peux aller les voir, pas maintenant.
- Mais ils ne sauront pas qui je suis !
- Réfléchis mon bien-aimé, toutes les tribus se connaissent et entretiennent des rapports amicaux et réguliers... Toutes nieront ton appartenance à une d’entre elles !
- … >,< »


Il devait avouer qu’il était en tort, il n’avait rien à répliquer... Son air grognon attendrit son interlocuteur qui le prit dans ses bras musclés. Le bel Africain posa ses lèvres bien dessinées sur celles du jeune blanc qui ne le repoussa pas et se blottit contre lui, enfouissant son nez au creux de son cou.

« Voui, mais ça m’énerve... ‘Veux les voir... »

Le jeune Zelmar, du haut de ses vingt-deux ans, ne connaissait des humains de son peuple que ce que lui avaient raconté ses trois bien-aimés. Bien-aimés et non parents car il ne pouvait qualifier leurs rapports de maternels et paternels...

« Bientôt nous te laisserons y aller mais... »

Suite aux secondes de silence non troublé qui suivirent, le blondinet releva la tête et plongea son regard intense et magnifique dans celui de son compagnon.

« Mais ?... »

Daméor, tel était le prénom de l’homme noir, baissa les yeux. Il semblait tellement jeune ! Il n’avait pas vieilli depuis vingt ans et paraissait être un simple ami du même âge que Zelmar.

« Nous ne voulons pas te perdre. Tu ne dois pas partir. Tu dois rester avec nous maintenant.
- Mais... C’est à leur peuple que j’appartiens ! Et pis... vous pouvez venir avec moi ! »


Daméor prit conscience d’une chose... Il était temps à présent... Il ferma les yeux, resserrant le beau jeune homme entre ses bras. Zelmar sentit des murmures au fond de son esprit et fronça les sourcils. C’est alors qu’arrivèrent Sumi l’Asiatique et Kolya, la belle jeune femme aux reflets de l’Inde. Etrange me direz vous, aucun membre du trio n’avait pris une seule ride... Le Soleil dardait ses derniers rayons orangés sur les peaux de divers horizons. Les demoiselles étaient arrivées immédiatement à l’appel de leur bien-aimé Daméor...
Sans qu’il n’ai le temps de réagir, Zelmar se vit submergé de caresses et de baisers. Oh il en avait l’habitude mais tout de même, là ils le prenaient de cours ! Qu’est-ce qu’il leur arrivait ? En moins de deux, il fut déshabillé et allongé sur un doux tapis de mousse, en plein centre de la forêt. Une source ruisselait non loin et le coucher de soleil rendait le ciel sombre et rougeâtre. Il n’allait pas se plaindre de cette précipitation mais ne la comprenait pas vraiment... Les choses semblèrent ralentir et il put sentir les lèvres brûlantes et expertes de Sumi sur ses cuisses maigres et naturellement blanches comme neige, ainsi que celles de Kolya qui redessinaient les ciselures de son torse. Celles de Daméor se cantonnaient aux siennes et à son cou. C’était loin d’être la première fois du blondinet qui depuis sa puberté recevait les faveurs de ses trois compagnons. Mais cette fois-ci c’était différent. Ils étaient différents. Ils voulaient autre chose... Mais quoi ?
Six mains se baladaient allégrement sur son corps tandis que, complètement ahuri, il se laissait faire, adossé au torse du grand et mince Africain qui était assis derrière lui. De longs instants passèrent, brûlants et passionnés. Kolya fut la première à profiter de sa virilité, lui arrachant de nombreux cris tandis que les deux autres continuaient de le couvrir de tendresse. On ne pouvait pas dire qu’il n’était pas aimé ! Son désir à peine assouvi, ils surent le réveiller à nouveau. Durant toute l’adolescence de Zelmar, il l’avait initié à ces rites d’amour, apportant à ce jeunot toute leur connaissance en ce domaine. L’astre nocturne se levait quand ce fut au tour de Sumi de lui faire toucher les étoiles. Et à peine redescendait-il que Daméor se chargea de lui… Le blondinet était aux cieux. Sa respiration se calmait peu à peu et ses yeux de glace observaient vaguement la voûte céleste. Ses hôtes continuaient encore de le couvrir de baisers et de caresses, comme si c’était la dernière fois qu’ils l’avaient auprès d’eux.

« Je t’aime Zelmar... »

Passionné et toujours présent dans le dos du jeune homme, Daméor couvrit le cou pâle de baisers brûlants. Le joli blondinet sentait la caresse de ses lèvres charnues auprès de sa nuque. Il ferma les yeux amoureusement...

« Pardon... »

Une paire de canines perça la peau tendre de son cou et lui fit rouvrit ses paupières. Il lâcha un petit gémissement de douleur et de surprise tandis que son bien-aimé aspirait son liquide vital à petites gorgées.

« Pardon... »

Cette fois-ci ce fut la voix flûtée de Kolya qui s’éleva dans la clairière éclairée par les rayons lunaires. Et ses canines se plantèrent autour d’un de ses tétons après une salve de baisers.

« Pardon mon amour... »

Sumi embrassa passionnément le blond, caressant son visage, avant de percer ses lèvres. Zelmar, paniqué, ne bougeait même pas. Que faisaient-ils ? Il gémit à nouveau quand les trois suceurs de sang amplifièrent le débit des gorgées de sang qu’ils prélevaient. Les sourcils froncés sur ses yeux grands ouverts, le jeune homme observa le visage de Sumi qui l’embrassait sanguinairement, l’empêchant de parler. Elle pleurait ! Il commença à s’agiter...

*Que faîtes-vous ????*

[Calme toi...]

*Vous allez me tuer c’est ça ? Que vous ai-je fait ??? Pitié !!!*

[C’est pour ton bien…]
[Oui, n’ai pas peur Amour...]


Aveugle d’amour, le jeune homme se laissa aller pendant qu’ils pompaient tendrement son sang. Il commença à perdre ses esprits et sombra peu à peu...

*Laissez moi vivre, pitié...*

[Tu meurs pour mieux renaître, ô Amour...]

Les trois continuèrent de boire durant quelques instants avant de cesser en même temps. Sumi s’éloigna de ses lèvres et se prit un poignet. Elle le porta à sa bouche pour en trancher les veines du bout d’une canine. Le sang chaud ruissela sur le torse nu du blond qui ouvrit les yeux. Il sentait couler le liquide sur ses tétons, onduler sur les bandes régulières de ses abdominaux, pour enfin inonder son pubis et sa masculinité, continuant entre ses cuisses nues.

« Bois Bien-Aimé... »

La peau douce de la belle Asiatique effleura ses lèvres froides. Il donna d’abord un coup de langue et goûta son sang. C’était tellement différent du sang des animaux qu’il buvait en leur compagnie ! Ca brûlait la trachée... Des images défilaient dans sa tête... Les souvenirs, l’histoire... Avant, tout le temps, maintenant... Il délirait presque... S’en était jouissif... Sa langue repartit à l’assaut et bientôt ses lèvres désireuses se mirent à téter les veines tranchées. La jeune femme éloigna son bras au bout de quelques secondes et Zelmar gémit de déception. Mais aussitôt un autre poignet s’offrit à lui, celui de l’Africain. Il ne demanda pas son reste et ferma les yeux du plaisir de sentir le liquide vital de Daméor couler en lui... A nouveau les flashs, la jouissance... Le poignet s’éloigna. Le blond tétait dans le vide comme un nouveau-né à qui ont aurait retiré brutalement le sein de sa mère. Bien heureusement, le poignet doux de Kolya vint combler le manque naissant. A nouveau le même manège...
Zelmar ne sut combien de temps il restèrent là tous les quatre, à le nourrir à tour de rôle. La seule chose qui fut sûre par la suite, c’est que le jeune homme besoin de sang pour survivre. Et ses bien-aimés le rassasiaient à chaque fois que le manque pointait... Il s’acharnait aussi sur le sang des animaux, quels qu’ils soient. Oh ce n’était pas nouveau ça non plus, et le blondinet comprenait enfin pourquoi les trois suceurs de sang lui avaient fait ingérer des quantités inimaginables de sang animal durant son enfance... Il se sentait plus alerte, plus fort, plus rapide... Il pouvait chasser tout le jour et revenir repu au coucher du soleil. Mais il préférait la nuit, contrairement à ses compagnons... Il avait la peau si blanche que le moindre rayon de soleil trop insisté le brûlait.
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:33

Chapitre 2:

Le désir de retourner voir son peuple se tarit peu à peu. Il était si bien avec ses amours que plus rien ne l’intéressait dans la découverte de ces ‘sauvages’... Les années passèrent... A l’été succédait l’automne, succédée par l’hiver puis le printemps... Cet éternel recommencement fascinait les quatre damnés. La vie... La Mort... Zelmar apprit lentement à mieux maîtriser ses nouveaux pouvoirs. Mais surtout, son corps changeait... Normal, ils l’avaient tué... Il était mort... Mais non vivant ! Il ne comprenait pas tout et ne pouvait que constater les lents, extrêmement lents changements de son organisme. Tout durcissait en lui... Ses organes se modifiaient, certains devenus inutiles se désagrégeaient de manière à ce que le sang qu’il buvait entre directement dans son réseau veineux et artériel... Nombre de fois le blondinet fut effrayé par ces mutations et ne trouvait de réconfort que dans le fait que ses compagnons subissaient la même chose, mais à un niveau différent vu qu’ils étaient bien plus vieux que lui... Enfin plus vieux... Mille ans au maximum, c’est-à-dire pas grand chose... Ils savaient tellement de choses ! Et plus Zelmar ingurgitait leur sang, plus il avait de connaissances car plus les souvenirs de ses chéris s’imprimaient dans son inconscient. La Nature n’eut rapidement plus de secret pour lui, tout comme le ciel et les astres. Il adorait les contempler. De plus, il aimait la nuit, les rayons de la Lune qui ne lui faisaient pas de mal à la peau, la fine brise nocturne aussi douce qu’une caresse, les diamants étincelants qui peuplaient la voûte céleste, la beauté des fleurs et des plantes durant ces quelques heures... Et pendant que ses hôtes attendaient impatiemment le lever du jour, lui s’amusait à s’inventer des constellations.
A partir du jour de sa renaissance, le grand blond devint plus exigeant, plus demandeur de caresses et de baisers, plus gourmand, plus pervers et moins retenu... Ses compagnons mirent ça sur le compte de la jeunesse. Mais bientôt Zelmar atteignit les trente ans et sa concupiscence ne diminuait pas. Il épuisait ses amis et eux, cédaient tous ses caprices. Il était devenu, encore plus beau, encore plus vigoureux, encore plus intelligent que dans sa jeunesse humaine... Il semblait encore plus adolescent, plus fougueux, plus libertin et provocant, voir même parfois délibérément méchant. Il s’amusait de plus en plus à défier ses aînés, à les pousser à bout jusqu’à ce qu’ils finissent par s’énerver puis le frapper ou lui faire l’amour avec violence... Il était excessivement masochiste et éprouvait un certain plaisir à se faire dominer... Celui qu’il aimait le plus embêter était Daméor... Et d’ailleurs il n’y allait pas de main morte avec le pauvre Africain...

« - Nous t’avons déjà demander de te calmer mon amour...
- *ricanement* A quoi bon ?!
- Te vois-tu seulement agir ?
- Jusqu’à preuve, je ne suis pas aveugle, Chéri… *nouveau ricanement* »


L’homme noir était en train de se laver dans une petite crique tandis que le blond l’observait, assis sur une roche dans l’herbe. Il passait doucement de l’eau et des fleurs de saponaire sur sa peau sombre. Il ne jugea pas utile de répondre et commençait sérieusement à être agacé par son hôte qui l’ennuyait depuis une petite heure déjà. Ses nerfs commençaient à flancher et seul Zelmar le savait, habitué à son bien-aimé.

« C’est ça frotte... C’est vrai que t’as l’air crasseux... »

Cette petite pique raciste tira perversement les lèvres du blond qui fixait Daméor avec insistance. Celui-ci avait cessé de savonner sa peau et tremblait de rage. Il n’en pouvait plus, ça durait depuis trop longtemps... Ses membres tremblaient de colère tandis que ses yeux foudroyants se plongeaient dans le regard provocateur de Zelmar.

« Oh ne me regarde pas comme ça Doudou. Pas la peine de jouer le gros méchant ! T’es même pas capable de faire du mal à une mouche...»

Il ajouta, sur un ton plus bas et précipité, comme quelqu’un qui veut garder un secret.

« Mais ne t’inquiète pas, ça restera entre nous, promis Papa... »

Daméor se releva vivement, poings serrés. Un grognement sourd et sauvage roula au fond de sa gorge tandis qu’il fixait encore le jeune.

« Ne m’appelle pas comme ça... »

L’autre renversa sa tête en arrière en explosant d’un rire sinistre et toujours provocateur.

« Ooooh Pourquoi ?... Après tout c’est toi ! L’homme qui m’a éduqué... »

Il ricana à nouveau avec hystérie et, voyant celui qui se lavait avancer vers lui à grands pas, dévisagé par la colère, il se leva d’un bond et commença à reculer tout en souriant perversement.

« Je ne suis PAS TON PERE !!! »

Zelmar ne savait pas pourquoi mais ce sujet avait le don d’énerver l’homme noir, et il en profitait malgré cette lacune dans ses connaissances.

« Oh oui c’est vrai... Mon vrai père... Tu l’as bouffé, enfoiré !!! »

Cette fois le blond s’était mis à courir à toute jambe en ricanant et l’autre, enragé, se mit à le poursuivre. Ils coururent à travers la forêt, véloce comme le vent, jusqu’à ce que Daméor rattrape l’insolent. Il le retourna pour qu’il lui fasse face et lui asséna un coup en plein visage qui l’envoya au tapis. Appuyé sur ses paumes, le blondinet regarda le filet de sang s’écoulant de sa bouche et dégoulinant sur le sol herbeux avec gourmandise. Il tourna vivement son visage vers l’Africain et lui adressa un grand sourire forcé et teinté de rouge.

« J’espère que c’était bon, qu’t’as pris ton pied en le dévorant, mon cher père !
- La ferme...
- Oh oui ça devait être bon… Oui… OUIIIIII !!!! »


La simulation de jouissance ne plut pas à l’aîné, comme l’avait prévu Zelmar... Il s’agenouilla au dessus de lui et commença à lui envoyer un salve de coups hystériques et incontrôlés au visage pour le faire taire.

« Bah vas-y ! »

Il lui cracha du sang au visage, qui coula jusqu’à son torse pour retomber en petites gouttelettes sur le torse pâle et nu du jeune immortel.

« Vas-y tues-moi ! Comme tu l’as tué ! Vas-y ! »

L’autre se mit à trembler et ses yeux s’emplirent de larmes alors qu’il se relevait et faisait demi-tour. Zelmar ne perdit pas une seconde et se jeta sur lui, le griffant et lui arrachant des lambeaux de peau. Daméor rugit comme un lion et l’envoya au sol en se dégageant de lui.

« Tu es fou ! »

Le blond explosa de rire... Un rire de psychopathe, un rire faux et forcé, mais pourtant pervers et moqueur.

« Moi ? Fou ? »

Allongé sur le dos, il caressa son propre torse, un sourire aguicheur aux lèvres. Il était entré dans une de ses crises de folie pure où il restait totalement maître de lui, contrairement à ce que pouvaient penser ses proches.

« C’est peut-être ça qui te plaît chez moi ! Regarde idiot je t’excite ! »

Ivre de colère, l’homme noir se rua sur lui et recommença à le frapper. Il arracha les vêtements qui recouvraient le bas du corps du blond tandis que celui-ci riait à gorge déployée, moqueur. Il se baissa et le fit taire en écrasant ses lèvres sur les siennes. Zelmar continua en un rire de gorge tandis que sa langue se frayait un chemin entre les lèvres de son hôte. Celui-ci venait d’écarter les cuisses blanches de l’insolent pour s’y créer un passage.

« Je te déteste Zelmar... »

Le-dit Zelmar explosa à nouveau de rire et prit le visage de son amant entre ses mains.

« Non mon amour, tu m’aimes. »

Blessé de devoir s’avouer que ce sale gosse avait raison, il le pénétra violemment, lui arrachant un cri de douleur qui se retransforma en rire. En rage, Daméor continua de le martyriser, sachant pertinemment que ce malade aimait ça...
Ca se terminait toujours comme ça de toute façon ! Zelmar savait obtenir ce qu’il désirait, coûte que coûte. Ces petits excès étaient la preuve même de l’indomptabilité du caractère du Blanc. Il commençait à se lasser de ses compagnons... Il voulait revoir son peuple, apprendre à le connaître et surtout rencontrer d’autres personnes que ces trois immortels...
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:34

Chapitre 3:

D’ailleurs un jour, il exposa clairement son plan à ses compagnons. Quoi qu’ils en disent, il irait voir ceux qui l’avaient vu naître. Il n’était plus le jeunot de vingt ans qui suivait ses maîtres comme un bon petit chien... Ils avaient réussi à le retenir une dizaine d’années plutôt, ils ne réussiraient pas cette fois-ci. Sur un coup de tête et surtout suite à une violente dispute qui l’opposa aux trois, il partit, malgré les pleurs d’excuses qui coulaient pour lui...
Quel bonheur ce sentiment de liberté, d’indépendance ! Pour la première fois il allait faire ce que bon lui semblait, quand lui semblerait, où lui semblerait... Il savait où se trouvait la tribu la plus proche, inconsciemment. Il marcha tranquillement durant plusieurs jours sans se reposer une seule seconde. Il se nourrissait du sang et de la chair de jeunes animaux bien tendres qu’il chassait quand il en apercevait un. Il se sentait en harmonie totale avec la nature, avec la faune et la flore qui l’entourait. Tout semblait si beau, si éclatant, si grouillant ! Et il était hélas encore trop jeune pour se rendre compte ici que naissait lentement et inconsciemment la plus grosse gène qui encombrerait son cœur durant sa longue vie...
Une nuit, il s’assit contre une roche auprès d’un ruisseau et observa ses étoiles chéries jusqu’à s’endormir d’épuisement...
Le matin tandis que les oiseaux commençaient joyeusement leurs mélodies virevoltantes, une jeune femme s’agenouilla au bord du ruisseau. Elle fredonnait une chanson tandis qu’elle remplissait d’eau la panse d’un défunt bison. Elle s’activait tranquillement à la tache, n’ayant pas remarqué la présence discrète de l’homme blond qui venait d’ouvrir les yeux. Zelmar, fasciné, l’observa sans un bruit. Ses longs cheveux bruns cascadaient voluptueusement sur son dos et sur ses épaules. Son visage pâle était décoré d’un petit nez retroussé et couvert de quelques tâches de rousseur, d’une bouche rose et bombée, de grands yeux noisette encadrés par de longs cils noirs et épais... Elle venait de se relever après avoir refermer solidement l’organe animal qui servait de réservoir à eau.
De peur qu’elle ne parte, le blondinet se releva vivement, presqu’en même temps qu’elle. Elle poussa un petit cri en réalisant enfin qu’elle n’était pas seule et lâcha la panse qui s’écrasa au sol dans un bruit mou et humide. Elle vit le grand blond, magnifique et flamboyant sous la lumière du soleil, et se demanda ce qu’un homme tel que lui faisait ici... Loin de tout et inconnu dans leur tribu... Paniquée, elle se mit à reculer, ses yeux ronds comme des billes fixés sur l’inconnu. Dans un sursaut de lucidité, elle tourna les talons et voulut prendre ses jambes à son cou. Mais c’était déjà trop tard et une main retint la sienne, l’empêchant d’avancer et surtout, la forçant à lui refaire face.

« Non reste ! Je ne te veux pas de mal... »

Sa voix était faible, suppliante. Sous le ton de la réplique, la frayeur de la demoiselle diminua, bien qu’elle resta tout de même méfiante...

« Qui es-tu ? D’où viens-tu ? »

Elle avait crié ça presque avec un petit ton de reproche, ce qui fit sourire le suceur de sang.

« Heu... Je viens d’un très lointain peuple de l’Est je... J’ai voyagé durant de longs jours interminables pour arriver ici... Je... »

Pris de cours, il essayait d’improviser au mieux.

« Je voulais rencontrer d’autres tribus... »

De longues secondes de silence tombèrent avant que le visage perplexe de la jeune femme se tire d’un sourire accueillant.

« La mienne n’est pas très loin d’ici ! Je peux t’y mener ! »

La pauvre idiote...
Elle le mena jusqu’à leurs habitations et il y fit la connaissance d’une foule inimaginable d’humains. Des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, des bébés ! Il était tellement heureux ! Il sentait leurs mains amicales qui serraient la sienne, la brûlant de leur chaleur corporelle. On lui souhaitait la bienvenue, on le félicitait d’avoir fait un si long voyage... Vint la question fatale...

« Et comment te nommes-tu, vaillant inconnu ? »

Il bégaya avant d’accoler deux syllabes pour s’en faire un prénom.

« Heu... Je... HUM !... Je... Lakner ! »

Ils ouvrirent tous de grands yeux... Et finirent par rire et l’enlacer puis lui proposer de la nourriture. Ce prénom sonnait bien étranger dis donc ! Ils ne l’avaient jamais entendu ! Naïfs, ils étaient vraiment trop naïfs... Mais pas tous... Car après de nombreux jours, certains Anciens commencèrent à parler d’un sorcier aux yeux de glace qui avait disparu il y a bien longtemps, emportant avec lui son enfant sacrifié... Des yeux de glace parfaitement identiques à ceux de l’étranger... La mère de l’enfant sacrifié avait mis longtemps avant de retomber enceinte. Il faut dire aussi que son époux, le chef, n’était pas très performant, comparé au vigoureux sorcier qui l’avait aimée... Mais elle avait tout de même donné naissance à deux faux jumeaux, un garçon et une fille. C’était d’ailleurs le garçon qui était devenu chef –et l’était encore-, après la mort de sa mère qui avait succédé à son mari dans le rôle de meneuse...

Zelmar s’habitua vite à leur mode de vie. C’était différent, tellement différent... Mais il avait quand même réussi à s’intégrer, notamment parce qu’il était bon chasseur. Seulement lui chassait avec son corps, ses sens, il faisait corps avec la nature... Et il impressionna ceux qu’il l’accompagnait...

Un jour, alors qu’il revenait d’une petite balade de plaisance, Zelmar croisa Mira, la jeune femme qu’il avait rencontré en premier, au bord du ruisseau. Elle tressait des paniers, assise en tailleur au milieu d’un espace dégagé.

« Salut ! ^___^ »

Elle lui rendit son salut avec le même sourire avant de reporter son regard à sa tâche. Le blond était fasciné par la façon dont elle croisait ces minuscules tiges. Les motifs étaient extrêmement complexes. Kolya en faisait aussi, mais pas comme la jolie brune qui était à cet instant assise devant lui.

« Tiens, j’ai fait ça pour toi... »

Elle lui tendit une petite pochette tressée, résultat d’un travail minutieux et long.

« Me... Merci... »

Elle rougit. Elle ressemblait à une petite fille mais devait bien avoir vingt ans.

Comme avec beaucoup d’autres, l’immortel ne savait pas trop comment agir. Il finit par s’éclaircir la voix et entama une conversation futile qui s’avéra fructueuse. Ils parlèrent et rirent jusqu’au coucher du soleil. Ils passèrent beaucoup de temps ensemble durant les jours qui suivirent. Elle devint sa première meilleure amie, si on ne comptait pas Kolya et Sumi.

Les fêtes étaient courantes, et on s’y amusait follement. Des musiciens frappaient ou sifflaient leurs musiques, sur des peaux tendues ou des flûtes d’os. Tout le monde dansait autour du feu. Les couples partaient bien souvent dans leur abris pour terminer la soirée en beauté... D’autres buvaient la liqueur et les macérations avec excès et ne tenaient plus debout. Le blond aimait les contempler durant des heures. Qu’ils étaient beaux... Si... Pleins de vie...
Le jeune immortel se forçait à manger parfois un peu de fruits ou de viandes, boire un petit peu de boisson... Mais il ne supportait pas bien cette nourriture. Il lui fallait du sang, juste du sang. Son corps se métamorphosait peu à peu et bientôt, il ne pourrait même plus digérer cette alimentation. Il s’en rendit compte un soir de fête, après avoir bu plus qu’il n’aurait du, que la tête lui tournait. Il se leva, quittant les conversations qui s’étaient tournées vers des sujets qui ne l’intéressaient pas, sans que personne ne le voit. Au loin de la foule, il s’appuya contre le tronc maigre d’un arbre trop sec. Il se sentait tellement mal... Il ne devrait pas ingérer de telles quantités de nourriture humaine... Même si lui, n’avait pas encore pris conscience qu’il n’était plus humain depuis huit ans... Adossé au tronc, il leva ses yeux au ciel, contemplant ses étoiles chéries, avant de les fermer, une expression de malaise profond flottant sur ses traits pâles qui reflétaient surnaturellement la lueur de la lune.

« Et ben ! »

Un petit rire s’éleva dans la pénombre. Zelmar rouvrit de suite les yeux et fronça les sourcils. Une petite silhouette marchait dans la nuit, et l’avait apparemment suivi.

« Tu ne devrais pas boire autant si tu n’es pas habitué ! »

A nouveau un petit rire.

*Grompf, espèce d’idiote tu crois que je suis ivre comme ces imbéciles ?*
« Je... Oui, je ne devrais pas... »

S’il lui disait que son corps était différemment constitué de celui de ses congénères, la demoiselle brune aurait pris peur.

« Mais je vais très bien ! >< »

Mira rit encore une fois.

« Oh oui... J’en suis certaine... »

Le ton moqueur indiquait clairement qu’elle pensait qu’il avait un coup dans le nez...

« Tu vas encore dormir au bord de la rivière cette nuit ? »

Etait-ce une invitation? Elle se rapprocha et ajouta d’un air boudeur :

« Je ne voudrais pas qu’une bête féroce de dévore... »

Elle ricana, lui aussi mais intérieurement... Il plaignait la pauvre bête féroce qui aurait pu par malheur croiser sa route.

« Et bien oui, je vais encore dormir près de la rivière. »

Il leva à nouveau les yeux au ciel, marquant de se désintéresser d’elle. C’est alors qu’elle vint se blottir contre lui. Sur la pointe des pieds, elle arriva à déposer un baiser au creux du cou du blondinet. Surpris, il baissa son visage vers le sien, une expression étonnée sur les traits faciaux.
Elle lui sourit. Les rayons de lune venaient se refléter dans ses prunelles émeraude.
L’idée d’avoir des contacts rapprochés avec elle tout comme ceux qu’il n’avait qu’avec ses trois compagnons immortels se présenta pour la première fois à lui. Toute sa perversité fit en cet instant briller ses yeux glacés. Il n’attendit pas plus longtemps et emprisonna le visage de Mira entre ses mains. Il se pencha et déposa sur ses lèvres un baiser passionné. Elle y répondit avec autant d’intensité avant de s’en éloigner. Etonné, Zelmar fronça les sourcils. Elle sembla gênée et recula de quelques pas.

« Je... Je suis désolé Lakner je... Je vais me coucher, bonne nuit ! »

Quoi ?!? Elle le plantait là, comme ça ? Ses poings se serrèrent violemment et on put entendre ses phalanges craquer. Il mit du temps à se rendre compte que quelqu’un venait de le laisser tomber comme un déchet auprès d’un arbre.

« Hé ! »

Il lui courut après. Elle aussi s’était mise à courir et atteignit la porte de sa demeure de pierre. Il lui attrapa le poignet et la retourna.

« Pourquoi tu t’enfuis ? »

Confuse, elle baissa les yeux au sol.

« Je... Je sais pas... »

Le blond abusa de ses pouvoirs télépathiques pour lire dans ses pensées. Elle avait abominablement envie de lui en fait ! Il sourit, content, et se baissa pour l’embrasser à nouveau. Ce qu’elle fit le blessa plus que tout ce qu’il avait pu imaginer : elle le repoussa gentiment et ouvrit la porte pour pénétrer son foyer puis se retourna avant de la refermer.

« Bo... Bonne nuit Lakner... »

Lakner, Lakner... Qu’est-ce qu’il pouvait haïr ce faux prénom ! En parfait enfant gâté et capricieux à qui tout fut toujours cédé, il piqua sa petite crise. Il frappa violemment le cadran de bois et entendit le petit cri de stupeur de Mira. Il avait bien envie de défoncer la porte pour la violer mais se rendit compte qu’il ne pouvait se le permettre... Elle n’était ni Sumi, ni Kolya, ni même Daméor...

« Tu... Allumeuse ! »

Ce mot, il l’avait appris récemment, pendant ses conversations avec des hommes de la tribu.
Il souffla de rage et partit, furieux.

Il avait vite oublié ses petits troubles digestifs, ses pensées braquées vers la frustration intense qu’il ressentait pour la première et qui lui semblait bien plus insupportable qu’à quelqu’un de normal.
Il arriva finalement vers la rivière où il avait élu domicile et retira nerveusement ses vêtements avant de se jeter à l’eau. L’eau glaciale lui fit un bien immense. Contrairement aux humains, il ne craignait pas le froid. Il nagea aussi loin qu’il le put, avant de toucher le fond. Ici, il ne bougea plus, se délectant de la pression du courant sur son corps nu. Les câlins de ses hôtes immortels commençaient à lui manquer. Il longea le sol caillouteux du lit de la rivière, toujours sous l’eau, pour arriver à un endroit où il avait pied. Il sentit alors une présence.
Il resta cacher sous la surface, aux aguets. Quand il comprit qui s’était, il ressortit doucement son corps de l’eau.
Mira, inquiète de ne plus le voir réapparaître, avait commencer à réellement s’inquiéter. Debout sur la rive, elle ne bougea plus, l’observant d’un air triste. Les reflets de la lune sur le corps brillant d’eau et musclé de Zelmar brillaient étrangement bien.
Pas un sourire ne tirait le visage du grand blond qui regardait la brune avec hostilité. Elle retira ses vêtements et pénétra dans l’eau d’un air soumis. Pas une seule fois il ne cilla tandis qu’elle se rapprochait de lui. Prise de remords chez elle et surtout surprise de la réaction violente de ‘Lakner’, elle avait fini par se précipiter dehors pour le rattraper.
Une fois tout proche du blond, elle le supplia du regard. Et c’est toujours sans sourire qu’il se baissa pour qu’elle puisse l’embrasser. Il se fit cette fois plus brutal, ne retenant plus sa vraie nature pour cette petite pétasse... (Le mot est fort lol, mais c’est ce qu’il pense plus ou moins à cet instant)
Le fait qu’elle soit une « petite pétasse » ne l’empêcha pas de lui faire l’amour entre eaux et terres durant une bonne partie de la nuit. Emerveillé par ses « talents » la jolie demoiselle lui fut soumise jusqu’au bout. Il mourait d’envie de planter ses crocs dans sa chair tendre mais avait peur qu’elle ne survive pas à une ponction sanguine telle que celles qu’ils opéraient sur ses amis immortels... Il se retint donc, alors qu’il aurait pu aisément... Elle était là, totalement offerte sous ses caresses... Mais quelque chose le retenait, peut-être bien la peur de perdre la première femme qui l’aura sorti de son existence froide de ‘fils’ d’immortels...

Suite à cette petite séance de TRES GROS câlins, le blond alla vivre chez Mira. Il l’avait à lui chaque soir, et ceci durant un bon mois. Mais c’était différent, il devait faire attention avec elle, elle était fragile... Comme toutes les humaines, comme tous les humains... C’est en la côtoyant qu’il réagit enfin et se rendit compte qu’il était largement différent...

Un jour, ou plutôt un soir, alors qu’une de ces courantes fêtes divertissait l’assemblée, Zelmar s’assit auprès des anciens pour écouter ce qu’ils avaient à raconter. Comme si de rien était, ils se mirent à parler du ‘fils damné’... Le blond, assez intelligent pour comprendre les sous-entendus, en apprit plus sur ce qu’il était advenu de sa mère... Il avait donc un frère un frère et une sœur. Il avait déjà vu le chef, lui avait même déjà parlé. Il était donc de son sang !? A cette pensée, le tout jeune immortel se sentit étrangement heureux...
Durant les jours qui suivirent, il épia le chef de la tribu. Il était jeune, trop jeune pour un meneur sûrement...
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:35

Chapitre 3 (suite):

Quelle ne fut pas sa surprise, et surtout sa douleur, de voir un jour SA Mira enlacer amoureusement Mossieur le chef... Il se retint de les tuer tous les deux sur le champ et se précipita dans la demeure de la brunette, qui était devenue la sienne à force... Il y resta jusqu’à ce que la jeune femme revienne dans la nuit, remuant de sombres pensées vindicatives et haineuses.
Mira entra joyeusement et son regard verdoyant tomba sur celui dont elle était tombée amoureuse, assis sur la couche, une expression effrayante qui vous glace le sang au visage.

« Qu’... Qu’y a-t-il ?... »

Il sembla se renfrogner d’avantage et lui cracha:

« Il te fait mieux l’amour que moi ce connard ? C’est ça ? »

Elle ouvrit des yeux grands comme ses assiettes et mit du temps à réaliser ce qu’il lui reprochait...

« Qu... Qui ?... O_O »

Il ricana face à son air étonné.

« C’est ça, joue l’étonnée... J’t’ai vu avec lui tout à l’heure, vous vous enlaciez comme un jeune couple !!!»

Les lèvres entrouvertes, elle l’observa, sourcils froncés... Puis finalement elle explosa franchement de rire ! Elle finit par s’asseoir pour essuyer les larmes d’hilarité qui roulaient sur ses joues.
Zelmar se vexa de cette attitude et rougit violemment.

« QU’EST-CE QUI TE FAIT RIRE ??? >______< »

Elle se leva et marcha jusqu’à lui avant de se jeter dans ses bras, toujours hilare.

« XD Mais c’est mon frère idiot ! »

La pillule eut du mal à passer et il finit par rire à son tour.

« Tu dois te tromper chérie... J’parle pas de ton frère, j’parle du chef... »

Elle rit de plus belle.

« Bah biensûr imbécile ! C’est mon frère ! »

Il se leva vivement, la projetant sur leur couche. Il sortit en courant3. Sur le pas de la porte il tomba à genoux. Ses yeux emplis d’effroi se levèrent vers la lune. Non, ce n’était pas possible... Mais la fatalité s’imposa tout de même... Il fallait qu’il l’accepte...
Inquiète, elle le rattrapa rapidement.

« Mais qu’est-ce qu’i’ t’prend ce soir ? »

Il ne répondit pas tout de suite. Plusieurs fois il inspira et expira difficilement mais profondément. Et enfin, il tourna son visage vers elle et lui sourit.

« Excuse-moi Mira... ^___^ »

Ils rentrèrent et se couchèrent... Enfin pas pour dormir... Il passa la nuit à la satisfaire, presque violent et trop passionné.

Le chant des oiseaux le réveilla. Ses prunelles se révélèrent, aussi bleutées qu’à l’habitude. Au creux de son cou créchait le nez de la petite brune. Il ne pouvait pas lui avouer qui il était ! Elle ne voudrait plus de lui !
Il se leva, profondément triste. Ca ne lui dérangeait pas qu’elle soit sa petite sœur. Mais elle, elle ne serait sûrement pas de cet avis. Il attendit qu’elle soit bien réveillée pour lui demander, innocemment:

« Ca te ferait quoi si tu te rendais compte du jour au lendemain que ton compagnon est ton frère...
- Rho c’est encore à cause du quiproquo d’hier soir ?
- Ben... heu oui...
- C’est... C’est pas bien tu sais ce genre de relations... Les esprits seraient en colère ! J’aurais peur de perdre leur bénédiction... Quelle horreur... »


Un rictus de dégoût tira ses traits féminins.
La gorge du blondinet se serra violemment et les larmes lui montèrent aux yeux. Il le cacha.

« Pourquoi cette étrange question ?
- Pour... Pour rien. »


Elle déposa un baiser amoureux sur ses lèvres.


Les branches fouettaient son visage, tout comme l’eau qui ruisselait entre les feuilles. L’orage retentissait et la lune était encore plus froide qu’à l’habitude. Zelmar courait, aussi vite qu’il le pouvait. Les gouttes de pluie se mêlaient à ses larmes sur ses joues pâles et creuses. Il fuyait littéralement. Cela faisait déjà de nombreuses heures et il ne s’était toujours pas arrêté. Il n’avait même pas ralenti. Cela continua jusqu’au petit matin où, épuisé, il tomba face contre terre à l’orée du bois. Il sentait la boue coller à son visage, il s’en contrefichait. Il resta là, faible et malheureux. Grrr... Pourquoi l’avait-il tant aimé cette #$%& ??? >___< Tout aurait été tellement mieux s’il ne l’avait jamais rencontrée. Il n’aurait pas eu à se déchirer le cœur en la fuyant ! La fuyant pour son bien...
Il se releva rapidement et reprit sa course. Les larmes se remirent à couler.
Le jour d’après, il atteignit le repère de ses trois amours, transi de fatigue et de souffrance...


Mais il n’y avait plus personne ici...

_
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:35

Chapitre 4:


Le soleil se couchait et sa panoplie de tons orangées et roses peignait la grande clairière en une fresque grandiose et mélancolique où le blond tomba à genou. Il avait fouillé les moindres recoins malgré sa fatigue... Mais rien à faire, ils n’étaient plus là... Ils l’avaient abandonné... En y réfléchissant plus, c’était LUI qui était parti ! Oui mais il ne savait pas, il avait voulu connaître, il avait voulu voir et entendre, apprendre... Ils l’avaient pourtant prévenu... Ce monde n’était plus fait pour lui, depuis bientôt trente ans... Depuis le jour où son père avait réduit son existence humaine à néant en l’accusant de torts dont il n’était nullement l’origine.

« Daméooooor !!! »

Sa voix se brisa en sanglots suite à ce hurlement désespéré qui fit s’envoler un rassemblement d’oiseaux dans les hautes branches. Non ce n’était pas possible ! Ils ne pouvaient pas ! Ils n’avaient pas le droit !...
Mais en y réfléchissant à deux fois, peut-être que si...
Ses larmes salées et lourdes traçaient de gros sillons sur sa peau crasseuse. Ses grands yeux bleus gonflés étaient vaguement fixés sur un point verdâtre dans l’herbe grasse qui recouvrait le sol.

« Kolya, Sumi... »

Ce n’était plus un cri déchirant, mais un gémissement effrayé de l’évidence de la situation.
Seul ? Vivre seul ? Il n’en était pas capable. Il était de ceux qui ont constamment besoin de tendresse et d’amour...

A présent, c’étaient les remords qui déchiraient son cœur. Il repensait à sa façon d’être odieux et provocateur avec ses trois grands Amours. Quelle horreur ! Il se revoyait martyriser Kolya, se faire frapper par Sumi, se faire violer par Daméor... Enfin si on pouvait appeler ça un viol...
En cet instant, la seule chose qu’il désirait c’était d’être entre leurs bras aimants et doux, les couvrir de baisers, de caresses, leur prouver à quel point il les aimait malgré sa nature pas toujours facile à vivre... Il se laissa aller face contre terre et ne bougea plus. Il ne sentait plus l’herbe douce chatouiller son visage ou la terre humide mouiller ses vêtements fins... Ses yeux grands ouverts étaient fixés sur le Néant. Un voile s’était déposé sur eux.

Il resta là de nombreux jours... Très nombreux... Trop nombreux... Presqu’un mois...

Il ne sut jamais ce qui le força à s’éveiller... Peut-être le besoin de sang qui se faisait à chaque seconde un peu plus intense...
Sa peau si blanche était devenue quasiment translucide sous le manque de sang dans les veines...
Ses yeux clignèrent pour la première fois depuis qu’il s’était endormi. Puis une seconde fois, puis une troisième... Jusqu’à ce qu’il papillonne tout simplement des paupières. Il vit un arbre, avec ses feuilles automnales, devenu rougeâtre... Puis son tronc noueux et creusés de rides... Un oiseau passa et ses sourcils se froncèrent à cette apparition. Où était-il ? Dans cette même clairière... Quand était-ce ? Sûrement pas quelques instants après son extinction... L’arbre en était la preuve, l’été fuyait pour se laisser rattraper par l’automne... Il fit rapidement le calcul... Une bonne lunaison avait du s’écouler...

Il n’était plus Zelmar l’homme buveur de sang, mais un animal assoiffé et déchiré par la faim... Ses cinq sens se réveillèrent avec une rapidité effrayante... Faim... Il avait faim !!!
Les animaux s’étaient habitués à ce cadavre qui n’entrait bizarrement pas en décomposition. Aussi passaient-ils non loin de lui sans se méfier. Une sorte de grosse poule passa. En un bond fulgurant de vélocité, l’immortel se jeta sur sa proie et ne prit même pas le temps de lui briser le cou avant de planter férocement ses canines dans la chair de sa nuque chétive, tellement brutal qu’il manqua de lui en arracher la tête. Il but, à grosses gorgées, goulûment et sauvagement. Quand le filet de sang qui s’écoulait de l’animal fut trop fin pour cet affamé, il le laissa mollement tomber sur le sol. Un grognement sourd s’échappait de sa gorge, comme un prédateur à cran. Il entendit le pas régulier et léger d’une biche... Parfait, c’était gros une biche... Son ouïe surdéveloppée repéra rapidement l’émission qui provenait de dans le sous-bois. Rapide comme l’éclair, il fut sur elle avant même qu’elle ne sente sa présence psychique. Elle se débattit comme elle le put mais cet homme était étrangement fort et étrangement décidé à faire d’elle son repas. Elle finit par s’affaler sur le flanc tandis que le grand blond buvait à longs traits son liquide vital à travers l’artère de son col. Il but, il but, il but... Il sentait la chaleur revenir dans ses veines, le brûlant de l’intérieur... Le sang du cervidé dégoulinait pleinement sur son menton, couvrait sa gorge, mouillait son torse, son corps entier...
Même le plus fort des animaux carnivores aurait eu peur face à cet homme... On aurait cru que la plus pure des rages l’animait, que l’étincelle qui s’était ravivée dans ses yeux n’était nourrie que par la colère...

Peu à peu les souvenirs lui revenaient. Eux... Ils l’avaient laissé tomber... Et bien tanpis ! Il se passerait d’eux tiens... Il vivrait sa vie seul, en attendant de pouvoir se faire de nouveaux amis...

Repu, Zelmar put réfléchir convenablement. Il resta dans leur ancien abri, en roi incontesté de la région.
Un des inconvénients majeurs qui troubla son existence fut le fait que sa puissance mentale effrayait les animaux qui par instinct le sentaient comme s’il était à côté d’eux. Il apprit donc, petit à petit, à cacher son psychisme développé... Se fondant comme un fantôme dans l’harmonie fragile de la Nature... Oui un fantôme... C’est ce qu’il devint... Il ne sortait presque plus que la nuit, qu’il avait toujours préféré. Silencieux, fort, rapide... Le pire des prédateurs de ce monde...
Il ne chercha pas à retourner voir sa tribu natale... Il ne voulait pas La revoir... Ce lui ferait bien trop mal à son goût...

Les années passèrent, se ressemblant étrangement... Jamais son esprit ne fut plus aiguisé qu’en cette période où, seul avec lui-même et son inconscient, il développa sa pensée, sa vision du monde...


Zelmar grandit, seul...




Jamais en quatorze ans il ne revit qui que ce soit... Ses seuls amis furent les animaux... Amis qu’il tuait... Mais pas forcément !
Un soir, alors qu’il venait de sortir d’une petite grotte dont il avait fait son refuge, il sentit le sang frais et vigoureux d’un jeune animal. Il sourit d’un air carnassier et s’en lécha presque les babines... Son puissant instinct le mena droit à un petit terrier, creusé à flanc d’une bute de terre à l’orée d’un bois. En sifflotant, il y glissa sa main sans précaution. Il toucha quelque chose de chaud et doux et l’attrapa. Il le ramena à lui. Lui qui croyait trouver un lapin se trouva nez à nez avec un louveteau qui ouvrait péniblement les yeux. Un sourire conquis et attendri tira ses traits pâles et fins alors que la petite bouille le regardait avec étonnement. Il jappa doucement.

« Où est passée ta mère ? C’est étonnant que tu sois seul... »

La mère en question lui aurait déjà bouffé la main si elle avait été présente...
Le suceur de sang releva le nez et huma l’air. Il repéra l’odeur de la génitrice... Ce devait être une louve solitaire... Il reposa le bébé dans son nid douillet et partit en un coup de vent observer Maman loup... Hélas, ce qu’il vit lui fit de la peine... A environ 800 mètres du terrier se trouvait la louve en question baignant dans son sang. Les entailles qui ouvraient sa gorge et ses flancs laissaient facilement deviner qu’un ours avait été son adversaire... Et qu’il avait gagné...

Le cœur lourd, il revint vers le petit animal et le tira une nouvelle fois de son abri.

« Viens mon p’tit pépère... J’vais m’occuper de toi... »

Il le ramena à sa grotte et le plaça dans un petit lit de feuilles et de mousse... Le sien. Suite à quoi, il retourna rapidement chasser, le manque commençant à se faire sentir.

C’est ainsi que les jours s’écoulèrent. Le louveteau grandit et apprit à chasser avec son maître. Enfin non pas maître. Disons plutôt compagnon de route, meilleur ami, ou frère. Il l’avait nommé Volga. Ce cher et fidèle ami le suivit durant treize ans... Suite à quoi, il périt doucement de vieillesse, laissant malgré tout le grand blond dans la peine et le désarroi le plus total... C’est suite à son décès que Zelmar se rendit compte que l’affection et la tendresse lui manquaient cruellement. Il avait trouvé en ce compagnon un être avec qui partager son existence. Maintenant qu’il se retrouvait seul, la penser de retrouver les humains s’imposa à lui comme évidente.

C’est donc ce qu’il fit. Et par nostalgie, il retrouva la petite clairière traversée du ruisseau dans laquelle il avait fait la connaissance de Mira, sa sœur, son premier amour. Enfin premier si l’on ne prenait pas en compte les trois immortels...

Il n’avait pu effacer son souvenir mais sa passion s’était tarie.
Ce n’était plus le Zelmar jeune et insouciant qui était allongé sur le flanc, en haut du rocher... Il faisait en souriant vaguement le point dans sa mémoire. Il se souvenait clairement de chaque forme de sa sœur, chaque courbe, chaque nuance de couleur, chaque odeur...

Il sursauta presqu’à s’en faire mal quand il vit une petite silhouette arriver en courant au bord de l’eau. Il ouvrit de grands yeux et, aveuglé par le désir inconscient de revoir celle qu’il avait aimé, se précipita à sa rencontre. La demoiselle, qui s’était écroulé à genoux et avait mis son visage entre ses mains, se releva vivement en étouffant un cri de stupeur. Elle se mit à fuir. Il la rattrapa et la plaqua contre le tronc le plus proche.

« Lâchez-moi !!!!! »

La détresse et la peur la plus totale se lisait sur ses traits, s’entendait dans le timbre de sa voix. Ce n’était pas Mira. Confus, le magnifique blond relâcha sa prise et l’humaine se dégagea. Elle courut, courut, et courut encore. Il la laissa partir... Il la suivit par télépathie. Son esprit était tellement confus ! Elle n’avait aucune logique dans ses idées... Elle était affreusement dérangée...
Il fronça les sourcils... Pauv’ gamine... Qu’avait-elle ? Et en même temps, elle lui faisait une impression étrange.
A la nuit tombée, après qu’il l’eut laissé se reposer, il la rejoignit dans un petit abri sous roche où elle avait élu son domicile provisoire... Mentalement, il la prépara à le recevoir. Aussi, quand il se baissa pour caresser sa joue, elle ne se déroba pas. Elle était recroquevillée sur elle-même, dos à la pierre.

« Quelle est donc l’origine de temps de peine belle enfant ?... »

Un sanglot la secoua tandis que son visage restait plongé entre ses bras, le voilant à la vue de l’immortel. La réponse fut brève, et forte...

« Je suis damnée. »

Il arqua un sourcil et la fixa sans rien dire durant de longues secondes.

« Et pourquoi donc ?... »

Elle releva la tête. Il put alors clairement faire attention aux traits de son visage qu’il avait à peine observer durant leur première rencontre.
A la lumière de la lune brillèrent ses yeux bleus comme la glace...

Il déglutit difficilement et finit par sourire, confiant.

« Je le savais... »

C’est tout ce qu’il ajouta en la prenant doucement dans ses bras...
Il avait bien ressenti quelque chose de bizarre à l’approche de cette jeune fille ! Maintenant il savait pourquoi...

Elle était sa chair...


.
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Dark Shiver
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:36

Chapitre 5: (première partie)


La jeune fille ne comprenait pas, mais la sensation de quiétude qu’elle ressentit quand il la prit dans ses bras suffit à taire toutes les questions qui voulaient jaillir hors de ses lèvres. Elle avait posé sa tête sur son épaule, niché son nez au creux de sa gorge, et enlacé ses bras autour de son cou. Ses sanglots se traduisaient par des pleurs et plaintes désespérées et douces, puis par de petits hoquets presque insonores, puis finalement plus rien... Toujours agrippée à cet étrange inconnu, elle se calmait lentement, mais sûrement.
Lui, serrait sa taille qu’il étreignait d’un bras, et glissait son autre main sur ses cheveux bruns pour les caresser. Un sourire flottait sur ses lèvres. Un sourire étrange. Du bonheur? Oui sûrement. Il déposa un baiser sur son front puis se baissa pour glisser le bras qui traînait vers sa chevelure derrière ses genoux. Ainsi il la souleva du sol et marcha doucement vers la forêt. Pendant plusieurs minutes, il progressa lentement à travers les arbres. Quand il arriva à son coin préféré près de la rivière, il s’assit dos comme le gros rocher qui siégeait en ce lieu. Entre ses bras dormait paisiblement la demoiselle.
La nuit passa agréablement. Zelmar approchait maintenant les quarante cinq ans. A cet âge là et à cette époque, les hommes aussi vieux étaient des vieillards... Mais le grand blond avait gardé le même physique que durant ses jeunes années. Aussi paraissait-il n’en avoir qu’une vingtaine. Ou plus précisément vingt-deux...
Les reflets lumineux émis par la Lune se reflétaient sur la peau étrangement pâle de la jolie petite brune. L’immortel contemplait sans s’en lasser les traits fins de son visage, les longs cils noirs qui ourlaient ses paupières, ses fins sourcils de jais, ses lèvres roses et délicates... Il reconnut bien évidemment sur elle les traits de sa propre sœur, Mira...
Il la laissa dormir autant qu’elle le voulut. Au petit matin, quand les rayons orangés du Soleil de fin d’été frappèrent doucement leurs peaux, la jeune fille s’éveilla. Elle ouvrit ses paupières qui laissèrent entrevoir ses prunelles d’un bleu glacé et étrange. Son regard tomba nez à nez avec celui du suceur de sang dont le visage était proche du sien. Il lui sourit, sans rien dire, se contentant de fixer ce regard qu’il ne connaissait qu’à soi...
Les doigts pâles et fins de la jeune adolescente se levèrent lentement pour aller toucher les traits fins du visage de cet étranger. Elle l’observait avec curiosité elle aussi... Car elle aussi n’avait connu ce regard que dans ses propres yeux...

« Quel est ton nom ? »

Sa voix grave et sensuelle s’était faite aussi rassurante que possible. L’adolescente humecta ses lèvres doucement et baissa son regard, ne supportant plus celui de cet homme.

« Lakna... En l’honneur de mon père... »

L’immortel retint un soupir. Mira s’était donc basée sur le faux prénom qu’il lui avait donné pour baptiser sa fille... Il haïssait le prénom ‘Lakner’...
Il acquiesça cependant et passa à autre chose.

« Et ta mère ? Comment se porte-t-elle ? »

Lakna hésita longtemps... Ses yeux soudain emplis d’une étrange lueur s’était tournés vers ceux du blondinet. Puis elle les détourna quand ses prunelles se couvrirent d’un voile de larmes... Zelmar sentit son cœur se pincer douloureusement... Quoi ? Qu’était-il arrivé ?...
Il insista.

« Je ne l’ai jamais connu... Enfin... J’ai été élevé par le frère de ma mère... Il m’a raconté qu’elle s’était occupée de moi durant quelques jours... Mais qu’elle n’avait pas eu le cœur à essayer de se sortir des difficultés que l’accouchement avait amenées... Il m’a dit que c’était à cause de mon père... Qu’il était un lâche... Qu’il avait tué ma mère... »

Horrifié, le suceur de sang se releva vivement, posant Lakna à côté. Son cœur battait à tout rompre et son regard soudain vague était plus ou moins posé sur l’eau agitée de la rivière.
Perplexe devant cette réaction, la brune se contenta de l’observer, sourcils froncés.
Lui tournant toujours le dos, Zelmar continua.

« De quoi est-elle morte ?! »

Surprise qu’il s’intéresse tant à l’histoire de sa défunte génitrice, la jeune fille garda le silence, puis continua, hésitante.

« Elle s’est laissée mourir... »

Le grand blond se retourna vivement.

« Quoi ?!? »

Lakna put voir ses yeux embués de larmes. Pourquoi pleurait-il ? Elle se mit enfin à se douter de quelque chose...

« Ou... Oui... Il n’y a pas longtemps, il m’a avoué qu’elle s’était laissée mourir de chagrins... Qu’elle n’avait pas eu le cœur à m’élever sans la présence de l’homme qu’elle aimait et qui avait disparu du jour au lendemain... »

Les poings de l’adolescente se serrèrent et elle se mit à trembler, des larmes coulant sur ses joues.

« J’vois pas pourquoi elle a attendu que je naisse pour se laisser creuver... Ca aurait été mieux pour moi ! »

Elle se releva à son tour, dos au rocher.

« J’t’interdis de dire des choses pareilles ! »

Il venait de s’approcher d’elle à grands pas. Une expression hostile au visage, elle cracha :

« Qui es-tu pour ainsi me dire ce que j’ai le droit de dire ou ne pas dire ? »

Il fronça les sourcils et la plaqua violemment à la roche dure et froide.

« Ton père, belle Lakna... »

Il écrasa ses lèvres sur les siennes avant qu'elle ne puisse répliquer quoique ce soit.
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 19:36

Chapitre 5: (deuxième partie)


Quelques secondes passèrent tandis que Lakna, yeux grands ouverts d’étonnement, devait digérer la révélation, puis en conséquence, l’acte de Zelmar. S’il était son père, pourquoi faisait-il ça ?
Elle n’avait pas de mal à réaliser que le blond était bel et bien son géniteur. C’est de lui qu’elle tenait ces magnifiques yeux bleus... Il ne pouvait le nier. Mais... Non, ce n’était pas possible... Elle voulut le repousser mais s’aperçut bien vite qu’elle ne pouvait rien contre la force physique développée de cet homme de haute taille, au corps pourtant si fin... Ce fut lui qui finit par éloigner son visage du sien. Elle profita de se répit pour ajouter d’un air entendu.

« Vous ne pouvez être mon père voyons ! »

Elle eut un petit rire... Petit rire assez jaune et incertain devant le visage de marbre de l’immortel qui ne se tirait d’aucun sourire. Voyant qu’il la regardait sans comprendre, insistant apparemment pour qu’elle exprime sa pensée, elle ajouta timidement :

« Vous êtes trop jeune pour être mon père... »

Il ne dit rien, continuant de la fixer de son regard et visage neutre... Puis finit par lui sourire et ajouter d’un ton moqueur :

« Mon physique te gène donc... »

La jeune fille se mit à rougir puis bafouilla.

« N... Non !... N... Non non... »

Biensur que son physique ne la gênait pas ! Il était tellement beau, tellement désirable sans qu’elle ne l’ait consciemment réalisé.

« Je... Non non... ’Me gène pas mais... »

Elle était en train de perdre pied et s’enfoncer... En riant, il mit terme à son malaise en s’approchant de son oreille.

« Un jour prochain tu sauras... »




Un jour prochain tu sauras... Cela indiquait clairement qu’il comptait la garder avec lui. Et cela ne dérangeait pas la demoiselle qui avait trouvé en lui un compagnon pour apaiser sa peine, un enseignant, un guide... Elle était fascinée quand il lui expliquait telle ou telle chose... Les propriétés de telle plante, les cycles de tel astre, le mode de vie de tel animal... Elle avait du mal à le considérer comme son père. Surtout qu’elle éprouvait à son égard des sentiments bien différents de ceux qu’une fille éprouvait habituellement envers son géniteur... Il fallait la comprendre aussi... Le destin lui apportait un homme apparemment à peine plus âgé qu’elle, qui affirmait être son père... Jeune homme affreusement alléchant et excitant, gracieux et félin... Toujours sympathique, avec qui elle pouvait toujours rire et surtout... Surtout qui parfois s’amusait à l’embrasser ! Sur la bouche ! Avec la langue ! (Ca va je joue bien l’outrée là ? XD)
Les jours passaient, et ne se ressemblaient guère. Tous deux vivaient plus la nuit que le jour. Et ceci en cause de la préférence de Monsieur pour la période nocturne.
Au début, elle avait été choquée de cette étrange habitude qu’il avait de boire le sang des animaux... Puis il l’avait invitée à y prendre partie, puis goût... Et malgré ses réticences, elle avait bien dû s’y plier... Lui ne se nourrissait que de ça. Et aussi trouvait-elle cela étrange. Pourtant à elle, il prenait le temps de confectionner multiples plats tous plus délicieux les uns que les autres. Un jour, elle se permit de le questionner à propos de cette connaissance en matière de cuisine.

« Dis Zel’... Qui t’as appris tout ça ? »

Le sourire qu’il arborait diminua doucement. Il sembla plonger dans ses pensées l’espace de quelques instants... Avant de se reprendre et de lui sourire à nouveau.

« Oh, et bien... Ce sont mes amis d’enfance qui m’ont appris... Ils... Ils étaient un peu plus vieux que moi donc ils connaissaient un peu plus de choses ! »

Voyant que la jeune fille n’était pas convaincue, il ajouta :

« Ils avaient appris des recettes de leurs parents et... Et ils me les ont appris voilà tout ! »

Il ne lui avait pas encore dit, pour son immortalité... Surtout qu’elle était pour lui le mystère le plus total. Jamais Sumi, Kolya, ou Daméor, n’avaient cédé à ses questions concernant ce fait surnaturel... Le secret était parti avec eux...

Les années passèrent ainsi, sans que le grand blond ne parle à Lakna de ses pouvoirs étranges qui n’étaient à l’époque qu’un sur-développement de tous les sens, une rapidité sur-humaine et une immortalité étrange...
La jeune brune arriva alors à son dix-huitième printemps... Imaginez-vous qu’à l’époque, Zelmar lui avait fait découvrir bien plus que les plantes, les étoiles et la cuisine.............
Lui avoisinait la cinquantaine et pourtant... Il avait gardé les traits fins et réguliers de ses vingt-deux ans... Immortel oui, il était totalement immortel... Pas une ride ne venait troubler sa beauté.
Et Lakna trouvait cela bien étrange. Elle se regardait, elle avec ses grandes jambes, longues et fines telles qu’elle les avait hérité de son père... Elle voyait son corps modifié par sa puberté... Ses traits devenus ceux d’une jeune femme. Et lui ! Lui n’avait pas changé !



C’est ce qu’un jour elle lui fit remarquer. Comme elle l’avait déjà fait de nombreuses fois sans jamais obtenir de réponse... Mais cette fois-ci, un peu plus audacieuse que toutes les fois passées, elle se mit à le provoquer.
La nuit devait être à sa moitié et le blond, assis à l’entrée d’une petite grotte dont ils avaient fait leur refuge occasionnel, observait comme à son habitude la voûte céleste particulièrement dégagé en cette fin de printemps. Et à moitié nue, la charmante demoiselle était venue lui soutirer des informations...
Elle s’était assise sur lui, passant ses bras derrière ses épaules, et avait demandé d’un ton boudeur :

« Alleeeer !!! Dis-moiii…é,è »

Il lui avait sourit, enserrant sa taille de ses deux bras finement musclés.

« Te dire quoi ma chérie ?... »

Pleine d’audace et malicieuse, elle s’était penchée et avait commencé à jouer avec ses cheveux, ou avec ses lèvres...
Ceci l’avait d’ailleurs bien amusé. Elle était tellement attendrissante... Prête à tout pour savoir ce qu’elle voulait savoir...
Très peu touché par ce manège qui avait continué et s’était empiré, il avait finalement décidé qu’il était temps.




« Bah tu le sais très bien... C’est quoi ton secret pour ne pas vieillir ? T___T »

Doucement il rit. Elle était à présent presque nue... C’était bien sa fille tiens ! Il alla mordiller la base de son cou ce qui eut pour effet de la faire frissonner.

« Mais aller ! »

Elle avait vainement essayé de le repousser.

« J’veux vraiment savoir tu sais ! Ca m’intrigue !
- Ouiiii, ouiiii... Tu vas savoir ne t’inquiète pas...
- Quand ??? »


Oh pas besoin de lui répondre... Il termina ce petit jeu de séduction qu’avait engagé la demoiselle en aboutissant sur l’acte voulu et se retrouva à la fin, allongé sur elle, le nez au creux de son cou...
Elle avait, comme toutes les autres fois, finit par abandonner de savoir le ‘‘secret de Zel’ ’’... Mais lui allait tenir sa promesse. C’est ainsi que doucement, il planta ses crocs dans la chair tendre et fraîche de Lakna, lui arrachant un petit cri de surprise.

« Qu’est-ce que tu fais ??? »

Il s’éloigna furtivement de sa carotide...

« Je te montre, comme tu me l’as demandé. »

Il replongea à son œuvre alors qu’elle se laissait faire, confiante.



Il la vida presque de tout son sang ce soir-là. Et comme il l’avait vu faire par ses bien-aimés, se trancha le poignet pour faire boire la brunette... Et priant pour que ça marche... Car il ne fallait pas oublier de noter qu’il ne savait pas du tout ce qu’il faisait et que si ça n’avait pas été la bonne solution, Lakna serait morte, tout bonnement. Disons qu’il eut de la chance, car trois heures plus tard, la jeune fille se réveilla.

Il la tenait tendrement entre ses bras et fut soulager de voir qu’elle vivait encore.

« Qu’est-ce qui m’est arrivé ?
- Oh rien, tu es immortelle maintenant, c’est tout. »


Il lui avait dit ça comme on informe de la météo... Comme si ça avait été tout à fait évident... Elle avait eu du mal à croire ce qu’il lui disait... Mais c’est vrai qu’elle se sentait différente... Plus alerte, plus intelligente...
Elle était la première fille biologique de Léovigild, mais également sa première fille vampire... Même si à l’époque, ni ce prénom, ni cette appellation de vampire, n’étaient d’usage.


Blottie contre lui, ils attendaient que le jour se lève...

Les premiers rayons du soleil vinrent les frapper de plein fouet... Mais ce qui ce passa dépassa de loin tout ce que Zelmar avait pu imaginé. Lakna se mit à hurler. Hurler comme jamais il n’avait entendu hurler. Voyant que sa peau blanche se décomposait peu à peu au soleil, il avait, en une fraction de seconde, soulevé sa fille et l’avait caché à l’ombre de la grotte. Doucement, ses brûlures avaient diminué... Toute tremblante, elle avait levé son regard vers lui. Lui la regardait, tout ahuri.
La voix de la jeune immortelle s’était élevée, chevrotante.

« Et ça... C’est normal ? »

Les yeux exorbités d’incompréhension, il avait lentement fait signe... que non.
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Jeu 28 Juil à 20:54

blobtongue Désolé j'ai pas encore écrit la suite... Mais comme rares seront ceux qui auront le courage de lire l'histoire... Même inexistants je pense... C'est pas trop grave. laugh2
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Dim 14 Aoû à 18:15

j'ai luuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu!!! j'adoreuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuhh!!! la suiteuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh!!!!! chirolp_lovely
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Mar 23 Aoû à 18:50

KYYYAAAAAAA !!!! Merchiiiii !!! Enfin quelqu'un qui a lu en dehors de mes fans attitrés ! pcheerleader


J'ai commencé à écrire la suite, je ne sais pas quand je la posterais.

pdevil

Alors l'est pas chou mon Léovigild ???
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Mer 24 Aoû à 15:18

l'est extra!!! ppeace
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MessageSujet: Re: Histoire de Léovigild   Aujourd'hui à 7:10

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